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Faut-il acheter les mêmes actions que Warren Buffett ?

L’Oracle d’Omaha, Warren Buffett

Pour aider les investisseurs à décider s’ils doivent ou non acheter les mêmes actions que Warren Buffet, le Globe and Mail a consulté quelques planificateurs financiers agréés, comme Ryan Kerr d’Astrolabe Financial Group Inc. d’Ottawa, Kelly Ho de DLD Financial Group Ltd. de Vancouver, ainsi que la propriétaire et directrice générale de Lifestyle Protector Lynn Williams.

Si vous vous demandez encore quelles actions choisir, pourquoi ne pas suivre tout simplement les conseils du magnat des affaires Warren Buffett ?

Cela aurait signifié en juin dernier, investir dans American Express, Coca-Cola, ou peut-être même dans Wal-Mart Stores Inc.

Vous pouvez vous inspirer du philanthrope américain en consultant son portefeuille disponible en ligne, et dont la dernière valeur était de 107.182.425.000 dollars américains. L’opération consistant à imiter le portefeuille d’une personnalité est appelée « copy trading », « copycat investing », ou encore « coattail investing ». Par ailleurs, il est intéressant de savoir que des sites Web tels que GuruFocus.com permettent d’accéder au portefeuille des investisseurs les plus prospères de la planète, à l’instar de Mohnish Pabrai ou George Soros par exemple. Consulter ce genre de site, permet à l’investisseur moyen de bénéficier de l’expérience des grands investisseurs, en minimisant les risques.

Selon un document datant de 2008, et intitulé « L’imitation est la forme la plus sincère de la flatterie », il semblerait qu’imiter le portefeuille de Warren Buffett fonctionne vraiment. Toutefois, bien que cette stratégie soit assez simple, elle devrait s’accompagner de réserves.

« Il n’y a jamais de solution unique » déclare Kelly Ho, conseillère financière agréée auprès de DLD Financial Group Ltd. Elle ajoute qu’il est facile de penser qu’étant donné que Warren Buffett se débrouille bien, on devrait l’imiter. Pour la spécialiste, Buffett a acquis des actions Coca-Cola lorsque cette marque ne valait pas grand chose. Pour elle, pour que cette stratégie marche, il faut avoir acheté ces actions au même moment que ces riches investisseurs. Selon Kelly Ho, ces philanthropes adoptent d’autres stratégies qu’ils ne divulguent tout simplement pas.

Pour Ryan Kerr, conseiller financier rémunéré de l’Astrolabe Financial Group Inc. d’Ottawa, il est peu probable que le portefeuille de l’investisseur moyen ait le même horizon temporel que celui des grands investisseurs, en ajoutant que certains facteurs comme le coût des transactions peut limiter le rendement. Par ailleurs, le décalage entre le moment des négociations et celui de la prise de connaissance de ces transactions peut causer du retard à l’investisseur moyen, qui pourrait se retrouver à acheter des actions que l’investisseur qu’il imite a déjà vendues. Le conseiller financer évoque également le problème de la diversification du portefeuille qui est moins importante chez l’investisseur moyen.

La directrice générale du Lifestyle Protector, Lynn Williams estime pour sa part qu’après avoir atteint un niveau de valeur nette élevé, la plupart des décisions d‘investissement peuvent subir les conséquences fiscales dans un régime enregistré d’épargne-retraite ou un compte d’épargne libre d’impôt. Il convient selon elle, de s’interroger sur le talent nécessaire à une bonne compréhension de la stratégie d’investissement et à la répartition d’actifs de la cible imitée, tout en étant capable d’en mesurer les performances et de les rééquilibrer sans déclencher un événement fiscal défavorable. Pour elle, si la réponse est non, il faut reconsidérer cette stratégie d’imitation. En outre, elle estime que les performances passées ne sont pas forcément reproductibles.

Mme Ho et M. Kerr sont d’accord pour dire qu’il faut construire un portefeuille diversifié tout en le rééquilibrant régulièrement.