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Warren Buffet

Comment Warren Buffett a-t-il commencé à bâtir son empire

Avec 72,3 milliards de dollars, Warren Buffett est classé troisième fortune mondiale.

L’Oracle d’Omaha, Warren Buffett

On l’a gratifié de tous les surnoms : oracle, magicien et sage, entre autres. On lui a même consacré 47 livres, sachant que les seules personnalités sur lesquelles on en a écrit autant sont le Dalaï Lama ou certains présidents américains. Toutefois, sa réussite n’est due ni au hasard, ni à la magie, mais à une stratégie d’investissement apprise dès son jeune âge.

Par ailleurs, Warren Buffett a toujours partagé ses connaissances dans le domaine avec son entourage, notamment avec ses actionnaires auxquels il adresse chaque année une lettre.

Mais qu’est-ce qui fait qu’un jeune de 20 ans soit devenu le troisième homme le plus riche de la planète ?

Pour le savoir, la majorité des investisseurs ne s’intéressent qu’au stratège qu’il est, sans vouloir connaître l’homme qui se cache derrière, et qui a démarré sa success-story avec seulement 9800 dollars, en sautant dans un train pour aller rejoindre Benjamin Graham., son mentor.

Son savoir-faire dans le domaine est inégalable, personne n’est en mesure actuellement de choisir ses investissements comme le fait Warren Buffett.

Au commencement, il y avait Warren Buffett l’homme

En 2014, le gain de Berkshire Hathaway, s’élevait à 18,3 milliards de dollars en valeur nette. Cela a généré l’augmentation de la valeur comptable des actions des deux catégories A et B de 8,3%. Ce rendement est modeste, et un investisseur utilisant le S&P 500 aurait gagné plus.

Dans sa célèbre lettre aux actionnaires de la même année, Buffett est revenu sur ses débuts, lorsqu’il avait acheté en 1962 ses actions de BPL (Buffett Partnership Limited) en anticipant des fermetures et des rachats. L’entrée au capital de la société se faisait au prix de 14,86 dollars et l’action se vendait à 7,50 dollars. Pour l’homme d’affaires cet investissement était comparable à un mégot de cigarette ramassé par terre et auquel il ne restait qu’une seule bouffée.

Warren Buffett a investi 25% du capital de BPL dans une entreprise dont il ignorait tout ou presque, elle était spécialisée dans le textile, et sa valeur nette a chuté en 1964 à 22 millions de dollars contre 55 millions en 1955. Buffett s’est battu pour relever le secteur du textile pendant 18 ans, mais en vain. Il a fini par abandonner cette activité définitivement, en faisant de Berkshire une société d’investissements. 

Pourquoi cette action a échoué ?

Après sa mésaventure avec le secteur du textile, Buffett s’est fait conseiller par son ami Charlie Munger de choisir des entreprises merveilleuses à des prix équitables plutôt que d’opter pour des entreprises équitables à des prix merveilleux. Depuis, Warren Buffet se focalise lors de ses choix sur des entreprises aux valeurs intrinsèques qu’il conservera durant de longues années. 

Le plus grand concurrent de Warren Buffett

Le seul homme susceptible de concurrencer Warren Buffett, c’est lui-même lorsqu’il était jeune.  

Pendant la période comprise entre 1957 et 1969, Buffett a réalisé un rendement annuel de 7,4% et cumulé plus de 2794,9%, battant le Dow Jones de plus de 50 points. A l’époque, l’homme d’affaires appliquait les stratégies de son mentor Ben Graham en investissant dans des actions nettes, en choisissant par exemple la Western Insurance Securities Company.

Charlie Munger et Warren Buffett

À cette époque, l’investisseur américain avait du mal à trouver des entreprises de valeur et bon marché à la fois, il lui fallait effectuer des recherches sans relâche pour pouvoir dénicher la perle rare. Cette tâche exigeait de Buffett de parcourir pendant des mois le guide de l’actionnaire de Moody’s pour dénicher des filets. De nos jours, il suffit de s’inscrire à des collectes de filets gratuitement, ou de souscrire à Net Net Hunter.

Entre 1965 et 2014, le rendement annuel de Berkshire Hathaway était de 19,4%, ce qui représente 10% de moins que le rendement réalisé durant les meilleurs années de la carrière de Buffett où il a également connu quelques épisodes négatifs. Toutefois, même avec 19,4% la plupart des autres investisseurs n’atteindraient pas ce taux. Le seul qui l’aurait battu, c’est lui-même lorsqu’il était plus jeune.

Lors d’une réunion, Buffett avait déclaré qu’avec des petites sommes d’argent il investirait certainement dans des actions Graham classiques, en étant plus prudent avec le pourcentage. Il a appuyé sa position en ajoutant qu’avec des petites sommes d’argent, il y avait des milliers d’opportunités avec la possibilité d’investir dans des actions nettes. Alors qu’avec une somme conséquente, les opportunités seraient minimes. Il a fini en déclarant que les investisseurs qui disposaient de petits montants avaient un réel avantage sur lui.

Retournons aux débuts du jeune Warren Buffet

Cela nous ramène à l’époque où le jeune Warren Buffett a sauté dans un train avec un petit montant en poche, dans le but de rejoindre son mentor Benjamin Graham, considéré alors comme le père de l’investissement de valeur.

Qui est Benjamin Graham ?

Durant les années 1920, il était considéré comme étant « un gourou de la finance ». Ayant été victime du krach boursier de 1929, Ben Graham a appris à minimiser les risques tout en maximisant les gains, et ce en investissant dans des actions à faible risque et au fort potentiel de rendement. Sa relation avec Buffett commença lorsque ce dernier  étudia à la Columbia Business School, en l’ayant comme professeur. Warren Buffett a ensuite travaillé pour Graham, il a accepté un poste au sein de l’association de Graham pour un salaire de départ de 12.000 dollars par an. Sous la tutelle de son mentor, Warren Buffett a perfectionné sa capacité à repérer les actions nettes prometteuses, par opposition aux actions bon marché. Toutefois, Buffet a développé une stratégie d’investissement qui lui était propre.

Les actions bon marché sont celles dont le prix actuel est inférieur à la valeur intrinsèque, alors que les actions nettes sont évaluées sur la base de leur actif net actuel. Dans le cas de l’évaluation d’une action aux deux tiers de l’action nette, Ben Graham y investirait son argent, et dès que le cours de cette action retrouverait la valeur totale de l’actif net, il la vendrait. Le fait que le risque de baisse soit protégé par la décote offre une grande marge de sécurité par rapport aux actifs liquides nets. C’est pourquoi la stratégie de Graham est solide et peut être utilisée par les petits investisseurs.

En achetant des actions répondant aux exigences de Ben Graham entre 1970 et 1983, n’importe quel investisseur aurait pu obtenir un rendement moyen de l’ordre de 29,4%, et ce à condition de les conserver pendant une période d’une année minimum. Warren Buffet a estimé qu’en appliquant cette stratégie, il obtiendrait des rendements dans  les deux années suivant l’investissement, et ce dans 80% des cas.

La majorité des investisseurs ignorent les actions qu’auraient convoitées Ben Graham, et ce malgré la simplicité de sa stratégie. Aujourd’hui, les investisseurs optent pour un large éventail d’actions qu’ils conserveront jusqu’à ce qu’un événement important se produise et les contraint à s’en séparer : krach boursier, décès ou retraite. Les investisseurs intelligents ne se seraient jamais vantés de posséder des marques renommées, mais auraient choisi des entreprises de détail totalement inconnues du grand public ou des petites usines d’électronique. Pour se permettre d’aller à l’encontre des exigences du marché, les investisseurs doivent croire en leur stratégie comme le font Warren Buffet et Ben Graham avant de se lancer.

Mes actions nettes

J’avoue que Ben Graham et Warren Buffett ont effectué un travail de recherche remarquable en matière de recherche des meilleures actions nettes, en développant leurs propres méthodes de recherche. J’utilise pour ma part des filtres que j’ai créés en me basant sur une étude que j’ai réalisée au sujet de Ben Graham et sur les différentes lettres adressées par Buffett à ses partenaires, en plus d’une série de documents universitaires ayant servi à déterminer la stratégie de Ben Graham en matière d’actions nettes. Toutes ces informations sont stockées dans une liste que j’utilise lorsque je dois évaluer chaque opportunité d’investissement.

Les meilleures 500 entreprises américaines (S&P 500)

Lorsque le marché est en hausse, il y a peu de chances de trouver des actions nettes ou que très peu. Si j’effectue une recherche sur Net Net Hunter, pour trouver des actions nettes aux Etats-Unis, en élargissant mon champs de recherche à d’autres pays comme le Canada, le Royaume-Uni ou l’Australie, tout en recourant à la combinaison de critères de mon tableau de bord Core7, j’aurai les meilleures actions nettes offrant les meilleurs rendements possibles.

Maintenant que les résultats sont satisfaisants, il ne me reste plus qu’à effectuer un tri en éliminant les sociétés aux faibles bilans, et ce en sélectionnant les critères adéquats sur mon tableau de bord et que j’avais intégrés auparavant en me basant sur la stratégie de Ben Graham. Même si cette action ne me garantira pas de trouver les meilleurs choix, elle me permettra néanmoins de réduire les chances de tomber sur une entreprise en faillite. C’est une stratégie efficace, si l’on se réfère aux résultats de la fin décembre 2011 lorsque Berkshire Hathaway a enregistré un rendement de 87,5% et où le rendement du S&P 500 a atteint les 41%.

Concernant mon portefeuille net, avec un rendement de 140%, il a dépassé celui de Warren Buffett avec sa holding de 50% et celui du S&P 500 de 100%. Il est évident que le but n’est aucun cas de rabaisser Buffett ou de prétendre que je suis meilleur en investissement que lui. De plus, je me suis basé en partie sur ses premières lettres et ses différentes stratégies, pour établir ma liste d’actions nettes de haute qualité. Par ailleurs, je ne vois franchement aucune raison de ne pas investir dans des actions nettes.

Si vous avez lu jusqu’ici, vous n’êtes probablement pas Warren Buffett, le milliardaire immobile. Vous êtes le jeune Warren Buffett, l’investisseur aux grands yeux qui saute dans un train en direction d’une richesse incommensurable.

Comme lui, vous êtes désireux de ramasser le mégot de cigarette et de prendre une bouffée. Puis, ne ratez pas la gare où le train vous attend, prêt à partir.

Ne ratez pas le train